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Oct

Happycratie ou une critique idéologique de « l’industrie du bonheur » (sic)

« Un livre est publié qui semble critiquer la psychologie positive et dont les auteurs annoncent la couleur : «les marchands de bonheur prétendent agir pour notre bien. Nous ne devons pas les écouter ou nous nous perdrons dans une vaine obsession de nous-mêmes».

À la lecture de l’ouvrage, on mesure d’abord les impasses gigantesques que les 2 auteurs, Edgar Cabanas et Eva Illouz, font volontairement.

Impasse sur les recherches sur le cerveau qui confirment les intuitions initiales des pères de la psychologie positive et indiquent clairement que le meilleur médicament est en nous. Rien sur la plasticité de notre cerveau avec des réseaux parallèles et interconnectés. Rien sur les liens entre cerveau et muscle cardiaque qui relient émotions et pensées. Rien sur la capacité d’une seule pensée positive pour déclencher la kyrielle de neuromédiateurs et d’hormones bénéfiques et rien non plus sur la simple pensée négative qui conduit à la montée d’adrénaline, l’accélération du rythme cardiaque, de la pression artérielle et de la dilatation des bronches. Et, bien sûr, rien sur tous les petits exercices qui permettent de vérifier ces préceptes scientifiques. Se concentrer au réveil sur une chose agréable. Arriver au travail sans râler mais en partageant une bonne nouvelle. Exprimer plus souvent sa gratitude, etc.

Impasse sur les psychologues, psychiatres, pédiatres, médecins qui, de plus en plus nombreux, s’engagent, pratiquent, écrivent sur le fait que l’esprit soigne le corps et réciproquement, rien sur les bienfaits de la méditation, l’accompagnement positif des enfants et, plus généralement, des malades ou des personnes qui traversent une période difficile.

Impasse sur cette idée lumineuse et évidente que le développement d’une personne ou d’un peuple ne dépendent pas seulement de critères rationnels mais aussi du psychisme et du moral personnel ou collectif.

Impasse sur toutes les initiatives comme l’action de la Ligue des Optimistes de France, le Printemps de l’optimisme ou la France des solutions qui valorisent tous ces innovateurs, entrepreneurs, associations ou collectivités qui, partout en France, chaque jour, développent des actions d’intérêt général.

Je m’arrête là tant on pourrait compléter cette liste.

Alors, me direz-vous, pourquoi toutes ces impasses ? Pourquoi un angle si négatif et déprimant ? Pourquoi un livre à charge ?

On le comprend en 2 temps.

D’abord, l’attaque se concentre autour de ce que les auteurs nomment le marché du bonheur, une notion plus indéfinie, plus subjective, plus personnelle que l’optimisme qui repose sur les valeurs très concrètes que nous promouvons. Quand c’est flou il y a un loup. Et cette attaque cible les États-Unis là où effectivement sévissent de nombreux gourous qui promettent aux crédules de devenir des winners, en ne comptant que sur eux- mêmes. Le contraire de notre approche sur le moi/nous, se réaliser pleinement en connexion avec les autres.
Ensuite, la révélation : l’objectif de ceux qui s’engagent pour promouvoir le bonheur et par amalgame la psychologie positive serait tout simplement de « raviver l’individualisme » pour faire de chacun «l’esclave de valeurs imposées par la révolution culturelle néolibérale ». Cela doit laisser coi, comme moi, tous nos parrains, partenaires, experts et philosophes !

Ainsi le rideau de fumée se dissout. Une charge furieuse, prétendument documentée, uniquement pour des raisons idéologiques qui nous sont totalement étrangères et qui, non seulement, n’altèrent en rien notre combat pour les valeurs positives de l’engagement, la bienveillance, la gratitude, la justice, l’exemplarité, le partage mais au contraire nous renforcent dans nos convictions. »

Thierry Saussez, VP exécutif de la Ligue des Optimistes de France et Créateur du Printemps de l’optimisme

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